Jeux de société et jeux de rôle

Le but d’un jeu est en général de s’amuser. Mais comme il y a de nombreuses manières de s’amuser, pourquoi choisir de jouer à un jeu de rôle plutôt qu’à un autre jeu ?

Ici je ne vais pas en présenter les « bienfaits », mais je vais parler de ce qui fait pour moi un jeu de rôle et pas un jeu de société.

Spoiler : Non, ce n’est ni la fiche personnage, ni le fait d’avoir un inventaire et des niveaux.

Les styles de jeu :

Si on regarde ce que qui se fait dans les jeux de société, il y a plein de types de style de jeu que l’on peut utiliser :

– des jeux d’enquête, où il faut trouver un coupable, des informations, interroger des suspects.

– Des jeux d’aventure où il faut déplacer des personnages, découvrir des endroits, et prendre par à des événements à chaque fois.

–Des jeux d’énigmes, le but est de trouver une solution à un problème posé (c’est le cas dans les escape games par exemple).

-Les jeux de bluff, où le but est de savoir qui ment et qui ne ment pas, savoir protéger son identité secrète ou cacher les informations par rapport à son jeu.

– Les jeux de gestion de ressources / stratégie, où il va falloir faire un nombre d’actions limitées pour résoudre un problème et que l’issue de la situation dépend des actions que l’on a entrepris.

– Les jeux « créatifs« , où l’on doit créer quelque chose de plus complexe avec des moyens simples.

Pour moi, on peut tout faire dans un jeu de rôle

Je trouve personnellement que certains styles de jeu sont plus faciles à préparer et à adapter dans les jeux de rôle que d’autres.

Bien sûr, on pourrait classer les jeux de société autrement, par exemple selon leur support (Dés, cartes, applications).

Pour moi, c’est quoi un jeu de rôle :

Il est tout à fait possible de créer un jeu dans un jeu.

On peut avoir des règles rappelant les jeux de société dans un jeu de rôle, et à l’inverse, on peut interpréter un personnage (« faire du théâtre ») alors même qu’on joue à un jeu de société.

Pour moi (c’est un point de vue) cela reste du jeu de rôle si ce qui se passe dans le jeu est une affaire de personnages et pas juste une affaire de joueurs.

Pour que le jeu soit une affaire de « personnages », il faut que les choix des joueurs dépendent du personnage qu’ils jouent et pas pour des raisons stratégiques.

De plus, beaucoup de « scènes » peuvent impliquer des personnages sans qu’il y ait un autre but que de « vivre la scène ».

Exemple de jeu de société (Fictif) : On joue à « COPS », un jeu où on joue des policiers. Le but est de trouver le coupable d’un meurtre, parce que c’est notre job.

Le méchant cette fois s’appelle « le décapiteur »

Dans ce jeu, on interroge, on examine, on trouve des preuves, on monte un dossier, il y a de l’action, on jette des dés pour savoir si on arrive à rattraper le meurtrier dans la course poursuite.

L’histoire est bien ficelée, il y a plusieurs moyens de trouver le coupable et les compétences de chacun se complètent.

Le criminel est en prison si on a les preuves et réussi à le capturer.

La scène où les personnages sont félicités est écrite si on a « réussi la mission » mais ce sont les joueurs qui se sentent félicités.

Les joueurs (et l’éventuel maitre de jeu) sont contents, tout le monde a passé un bon moment.

Exemple de jeu de rôle : On joue à « COPS », on joue des policiers. Le but est de trouver le coupable d’un meurtre, c’est notre job.

Oumar (personnage policier n°1) connaissait la victime, un trafiquant de drogue brutal qu’il est content de voir ne plus terroriser le quartier.

Mais ce n’est pas une raison pour en rester là : « Le décapiteur » est en liberté et il a juré qu’il agirait pour un monde plus juste. Et demain, le Décapiteur fera d’autres victimes.

De plus, Oumar et son collègues Hans (personnage policier n°2) sont amis et veulent progresser ensemble dans le monde de la police.

Sauf que « le Décapiteur », c’est aussi Alexis, un ami de longue date de Hans.

La vie ne les avaient pas gâté, et pendant toute leur enfance, ils se sont toujours prêté main forte.

Un jour, Hans n’eut plus de nouvelles d’Alexis, parti sans expliquer pourquoi. La famille d’Alexis disait qu’il avait rejoint un groupe activiste étranger, sans autre précision.

Au cours de la partie, Hans a l’opportunité de coincer le décapiteur.

Mais il ne le fait pas. Il veut d’abord s’entretenir avec lui. Il veut savoir pourquoi il est parti, ce qui s’est passé il y a plusieurs années. Jeune, Alexis était quelqu’un de respectable, et Hans l’estime beaucoup. Il veut discuter avec un ami et pas interroger un suspect.

Il n’a pas envie d’envoyer en prison pendant 20ans ou à perpétuité. Est-on vraiment sûr que c’est lui le meurtrier ? Pourquoi il ferait une chose pareille ?

Oumar voit la difficulté de Hans, et avec lui parle de justice, de devoir et de la nécessité de le capturer pour l’interroger.

Hans n’aurait jamais du accepter cette mission, et aurait du parler avec sa hiérarchie, mais il a fait passer ses envies personnelles avant les règles et son devoir.
Hans est un humain avec des défauts, qui sont exprimés dans cette histoire.

Un peu plus tard, les hommes de main de la victime (Le dealer) proposent leur aide pour trouver le décapiteur. Mais pour Oumar, c’est hors de question.

On ne collabore pas avec les dealers. Oumar a vu trop de gens dont la vie a été détruite par la drogue, et les histoires de vengeance le dégoûte : Lui, il agit pour la sécurité.

Finalement, ils finissent par retrouver « le décapiteur » plus tard, et du fait de sa dangerosité, Hans s’est senti obligé de tirer alors qu’il menaçait des civils. Alexis meurt avant que les renforts arrivent.

Ce qu’il va se passer ? Ca dépend de son état psychologique, de ses valeurs,
de la hauteur des crimes du méchant.
On raconte l’histoire du personnage et son identité

A la fin de l’histoire, Hans doit justifier ses actes devant le regard pesant de ses collègues policiers… Pour expliquer les détails de comment il a du tuer son ami, devenu « le décapiteur ».

Oumar va chez Hans pour l’épauler dans cette épreuve difficile. Le lendemain, les personnages reçoivent des félicitations pour leur travail… Mais aucun des deux n’est vraiment content.

Hans récupère la prime de son travail, va voir la famille du meurtrier et s’excuse de l’avoir tué.

Il leur donne un peu d’argent pour l’enterrement.

La famille d’Alexis est désolée de ce qui s’est passé, et pour la plupart, ils ne lui en veulent pas… Le meurtrier n’était finalement plus que l’ombre de la personne qu’il était.

Ca c’est pas l’histoire du joueur, c’est l’histoire du personnage.
Cela dépend de l’histoire que vous (maitre de jeu et joueurs) avez envie de raconter.

Dans la réalité (autour de la table de jeu) tout le monde est content. Joueurs et maitre de jeu ont raconté une histoire ensemble (peut-être poignante, avec des sujets parfois difficiles) qui aurait été différente avec des personnages différents.

Si les joueurs qui jouent au jeu de société « COPS » parlent comme s’ils étaient leur personnage policier (même si ce n’est pas dans les règles du jeu), font des choix notamment moraux en fonction de leur personnage (« Je pense qu’en tant que jeune flic je n’aurais pas fait ça… ») c’est un jeu de rôle. Il n’y a besoin ni de « fiche personnage », ni « d’inventaire » pour le dire.

Tout le monde a finalement passé un bon moment, et les meilleurs moments ne concernent ni les règles, ni les défis, ni le support de jeu…

Les joueurs parlent de la partie, le maitre de jeu prend des notes.

Les attentes des joueurs :

On ne peut pas dire que le fait de multiplier les styles de jeu va forcément mieux convenir à vos joueurs.

Les joueurs peuvent aimer 1 seul type de jeu ou plusieurs, le mieux est que le style de jeu convienne à tout le monde autour de la table et d’en discuter avant, et surtout avoir le retour des joueurs après la partie.

De ce que disent ces joueurs, on peut se conclure qu’un super jeu de société
pourrait aussi bien faire l’affaire qu’un super jeu de rôle.
Clémentine, qui évoque son personnage, est peut être celle qui vient le plus pour l’aspect « rôle » du jeu.

Si vous avez tous les outils

Si on part du principe qu’il y a environ six types de jeux différents, on peut déjà se dire qu’au cours même d’une simple partie le fait d’utiliser 4 types de jeux va nous donner une campagne (une grande histoire faite de petits chapitres) de 4 séances.

On peut imaginer une petite histoire assez variée avec ces éléments

Au vu de la (grande) proportion de parties qui s’arrête avant d’atteindre 10 séances, vous aurez assez d’éléments de variation pour mener une partie entière si vous savez varier les types de jeux !

En conclusion :

  • On peut tout faire dans le cadre d’un jeu de rôle (Mais il faut choisir).
  • Inspirez vous des jeux de société qui donnent des expériences variées qui peuvent améliorer vos jeux de rôle et faire que vos joueurs s’amusent.
  • Et ajoutez une histoire avec des enjeux et des individus dotés de personnalités
  • Si le jeu est le même avec des personnages différents, ce n’est pas un « jeu de rôle » mais un jeu de société classique.
  • Chaque joueur à ses attentes, et les écouter permet de comprendre ce qui leur plait le plus.

A plus tard pour développer les différents types de jeux un à un !

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